L’asbl Ardenne et Gaume œuvre pour agrandir les réserves naturelles ou en créer de nouvelles, restaurer les terrains acquis et les mettre en valeur. La valorisation de 4 territoires de la Haute Meuse belge est l’une de ses nombreuses actions. La diversité biologique de ces terres subit en effet différentes atteintes, dues en partie aux activités touristiques. Le projet se développe par étapes sur plusieurs années. 

Un réseau de réserves naturelles à construire en Wallonie

Seul 1 % du territoire wallon est aujourd’hui protégé, alors qu’il en faudrait 5 % pour préserver durablement le patrimoine naturel des destructions d’habitats, de l’érosion de la biodiversité et d’une exploitation humaine intensive.

Ardenne et Gaume contribue à l’édification d’un réseau de réserves naturelles pour atteindre cet objectif. Entre 2020 et 2024, l’association a acquis plus de 300 nouveaux hectares de réserves naturelles. Elle gère aujourd’hui plus de 1 000 hectares et collabore sur de nombreux terrains.

Le renforcement du réseau écologique de la Haute Meuse belge figure parmi ses chantiers en cours. Il s’agit de valoriser quatre sites où l’activité humaine met la diversité biologique sous pression : 

  • la réserve naturelle de Furfooz, 
  • la réserve naturelle des Coteaux de la Leffe, 
  • la réserve naturelle de Barbion,  
  • la réserve naturelle des Hauts de Poilvache.

Un projet sur plusieurs années et en plusieurs étapes

Dans un premier temps, il fallait obtenir un statut de protection fort, celui de réserve naturelle agréée. Le Gouvernement wallon a récemment octroyé cette reconnaissance aux terrains concernés. Une fois le statut obtenu, la préservation des territoires sur le long terme est garantie et des actions de gestion récurrentes ont été planifiées.

À moyen terme, l’intention est de réhabiliter les écosystèmes et de rétablir l’état des prairies. Ceci passe notamment par le défrichage de certaines zones abandonnées pour restaurer l’habitat prairial et la baisse de la fertilité des sols afin de permettre à une flore plus diversifiée de s’épanouir.

Sur le long terme, les interventions porteront sur trois axes d’impact principaux.

D’abord, la préservation des paysages et des patrimoines historiques.

Ensuite, la protection des milieux naturels et de leurs habitants (faune et flore) pour préserver la qualité de l’eau et de l’air et renforcer la résilience des territoires face aux dérèglements climatiques.

Enfin, la promotion d’un tourisme responsable et la sensibilisation environnementale. Au-delà de ses retombées économiques, l’écotourisme offre une belle occasion d’émerveiller les jeunes et d’éveiller ainsi la conscience des générations à venir.

Mobiliser, former et collaborer

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, plusieurs leviers d’action sont mis en place. 

  • La mobilisation de bénévoles de l’association et d’une équipe de professionnels pour la recherche de terres. 
  • Une campagne d’appel aux dons et soutien du Service public de Wallonie pour l’obtention de financement européen pour l’acquisition des nouvelles parcelles. 
  • La formation d’une équipe d’agents de terrain et achat des équipements nécessaires aux restaurations. 
  • L’écopâturage avec un troupeau de moutons de races rustiques pour la restauration des prairies de Barbion et des pelouses calcaires de Dinant. 
  • La coopération avec d’autres organisations (comme le Contrat de rivière Meuse), pour conduire des chantiers coordonnés de lutte contre les espèces invasives (renouée du Japon, mahonia, balsamine de l’Himalaya…) et de restauration de lisières. 
  • La collaboration d’un agriculteur local pour les différentes zones de fauche, dans une dynamique de conservation de la nature.

Des réserves naturelles pour la santé publique et la cohésion sociale

En plus de garantir la protection de la biodiversité, les réserves naturelles génèrent des retombées positives directes pour les riverains. Diverses études confirment que la proximité avec la nature favorise le bien-être général et améliore la santé physique et mentale. Les réserves naturelles agissent ainsi comme de véritables infrastructures de santé publique et de cohésion sociale pour les populations locales. 

La Fondation QiGreen soutient le projet d’envergure mené par l’association Ardenne et Gaume dans la région de la Haute Meuse belge. Le maillage des territoires et la restauration écologique des surfaces et habitats dégradés, dans les quatre sites visés, sont de nature à conforter le réseau des réserves naturelles en Wallonie, essentielles au maintien de la biodiversité et bénéfiques au bien-être humain. Le partenariat avec d’autres associations environnementales pour mettre en commun compétences scientifiques et de terrain constitue un atout supplémentaire pour la réussite de ce projet.