En ville, l’espace est précieux. Pour y maintenir des étendues naturelles, des collectivités de citoyens se mobilisent. Convaincues que la nature en ville doit aussi être défendue, les asbl Dérive et Kodjo ont uni leurs compétences pour réaliser dix courtes vidéos sur la diversité de la faune et la flore bruxelloises.

Montrer la nature en ville pour mieux la protéger

Le projet s’appelle « Coexistence ». Il porte sur la création et la diffusion d’une série de courtes vidéos sur des lieux de nature uniques, répartis dans l’agglomération bruxelloise. Des lieux souvent menacés de disparition par des projets de construction. 

Avec cette série de vidéos, les promoteurs du projet souhaitent conscientiser la population et les pouvoirs publics à la beauté et à l’importance de la nature en ville, dans la perspective de la sauvegarder.  Au-delà de cette conscientisation, l’objectif est aussi d’inciter les responsables à inclure la nature urbaine dans les enjeux du développement de la ville.

Différents lieux et toujours beaucoup de biodiversité

Divers milieux urbains naturels et habitats sauvages ont été identifiés pour offrir un aperçu de la beauté et de la diversité de la nature en ville. Les différentes espèces animales et végétales qui y ont trouvé refuge sont également mises à l’honneur.

Dans chaque vidéo, un invité explique les mobilisations, actuelles ou passées, les victoires ou les échecs. Les lieux choisis sont parfois en plein centre, parfois en périphérie. Zones ouvertes, fermées ou mixtes, toutes présentent une biodiversité étonnante et foisonnante.

  • Marais Wiels
    Apparu comme par magie à la suite d’un malencontreux coup de pelleteuse dans une nappe phréatique, le Marais Wiels et les animaux qui y passent font l’admiration des habitants de ce quartier de la commune de Forest.
  • Friche Josaphat
    Une zone ouverte et un haut lieu de la biodiversité à Bruxelles. La Friche Josaphat, à la frontière des deux communes bruxelloises de Schaerbeek et d’Evere, permet d’observer oiseaux, libellules, papillons, abeilles et fleurs en tout genre.
  • Donderberg
    La zone fermée de Donderberg, à Laeken, renferme un patrimoine naturel encore trop méconnu. Il  inclut un petit espace naturel menacé par la construction de logements, refusée par les riverains. 
  • Vallée du Meylemeersch
    La vallée anderlechtoise du Meylemeersch est un ensemble de milieux favorables à la biodiversité : espaces ouverts ou fermés, zones agricoles, ancien verger, plan d’eau. Elle offre tout pour plaire à la faune et aux humains.
  • Le Ring de Bruxelles
    Un lieu qui a priori ne fait pas penser à la gestion écologique. Pourtant, il existe une diversité incroyable d’orchidées et d’abeilles sauvages dans les sols calcareux et vides d’activité humaine autour du ring de Bruxelles. 
  • Kauwberg
    Au fin fond d’Uccle se trouve un mélange étonnant d’écosystèmes qui favorisent la faune et la flore. Des citoyens se sont mobilisés dans les années 80 pour sauvegarder ses 53 ha de nature semi sauvage. 
  • Tour & Taxi
    La friche de Tour & Taxi était jadis occupée par de nombreuses espèces d’oiseaux. Malheureusement, le développement urbanistique a causé leur disparition quasi totale.
  • Cimetière de Bruxelles
    Les cimetières sont devenus des lieux de refuge pour les renards, les hiboux, les fouines. Les jardiniers expliquent comment y respecter à la fois la nature et ceux qui s’y recueillent.
  • Hippodrome de Boitsfort
    La forêt de Soignes est un réservoir précieux pour la nature sauvage. Néanmoins, la ville grignote graduellement son territoire. Quel est le rôle de la lisière de la forêt ?
  • Parc Bonnevie
    En 30 ans, la population de moineaux a chuté de près de 95 % à Bruxelles. Or, mystérieusement, une importante colonie subsiste à Molenbeek. Elle a trouvé refuge dans le parc Bonnevie, premier parc à vocation sociale dans un quartier densément peuplé et pauvre en espaces verts. 
  • Schaerbeek formation
    Vestige de l’époque industrielle, Schaerbeek Formation offre un paysage étonnant entre vieilles briques, rails de trains, longues étendues d’herbes et collines de déchets de construction.

Richesse de la biodiversité et vision écosystémique

Les associations Dérive et Kodjo prévoient de déployer le projet « Coexistence » pendant un an. Une large diffusion est prévue avec de nombreux partenaires associatifs et les réseaux sociaux de « La Minute Sauvage ». Chaque épisode sera proposé à la presse pour diffusion. Ils seront tous sous-titrés en néerlandais.
La Fondation QiGreen soutient ce projet qui, à partir d’observations locales, a le potentiel d’une portée plus universelle. Il comporte une dimension d’essaimage de la démarche applicable à d’autres lieux, d’autres sujets. En plus de montrer la richesse de la biodiversité des sites répertoriés,  « Coexistence »  offre également une vision écosystémique, plus globale, susceptible d’alimenter les débats du Plan Régional d’Affectation des Sols (PRAS).