Au cœur de l’Ardenne, à la frontière entre les provinces de Liège et du Luxembourg, se dresse un joyau naturel encore préservé : la montagne du Colanhan. L’ASBL Ardenne & Gaume s’engage aujourd’hui dans un projet d’extension pour protéger ce patrimoine, riche en biodiversité et en histoire.
Un écrin de biodiversité aux multiples facettes
La montagne du Colanhan, en région liégeoise, offre aux visiteurs un beau panorama sur la vallée ardennaise. Ce site remarquable abrite une mosaïque d’habitats naturels d’une richesse exceptionnelle. En parcourant ses sentiers, on découvre des micro-tourbières où prospèrent diverses espèces de mousses, notamment les sphaignes. Ces milieux humides constituent d’importants réservoirs de carbone tout en jouant un rôle essentiel dans la régulation et la filtration de l’eau.
Dans les zones aux sols plus profonds se dressent des bosquets clairs de chênes tortueux, parfois accompagnés de bouleaux et de sorbiers. Et pour l’observateur patient, la faune se laisse parfois surprendre : triton palmé dans les mares ou traces de castors au bord de la Lienne naissante.



De l’exploitation ardoisière à la réserve naturelle : une renaissance exemplaire
L’histoire du Colanhan est intimement liée à celle des hommes. Au 16ème siècle, le site était constitué de terres à bruyère et de carrières d’où l’on extrayait le schiste ardoisier. Ce passé industriel a laissé son empreinte sur le paysage, avec de nombreuses fosses et tas de déblais encore visibles aujourd’hui.
C’est en 1987 que l’ASBL intervient pour la première fois sur le site en acquérant près d’une centaine de parcelles cadastrales. Trois ans plus tard, les onze premiers hectares de la future réserve sont acquis. En 1992, Colanhan obtient son premier statut de protection. Plus récemment, le projet LIFE+ Ardenne liégeoise (2012-2020) a permis d’importantes restaurations écologiques et l’extension de la zone protégée.
Aujourd’hui, la réserve de Colanhan atteint 60 hectares. Avec les espaces naturels environnants qui bénéficient également de projets d’extension, l’objectif est de protéger près de 80 hectares dans cette région, offrant ainsi un sanctuaire pour des espèces emblématiques comme la cigogne noire.


Acquisition de nouvelles parcelles et demande de reconnaissance
La protection du site se déroulera en plusieurs étapes. La première consistant à acquérir de nouvelles parcelles et déposer une demande de reconnaissance comme Réserves Naturelles auprès de la Wallonie et de l’Europe. Celle-ci permettra au site de bénéficier d’une protection effective pour au moins 30 ans.
Une équipe professionnelle, soutenue par de nombreux naturalistes bénévoles et des éleveurs locaux, participera également à protéger activement le site. Il est notamment prévu d’y amener des troupeaux de chèvres et de moutons de races rustiques qui contribueront à la préservation des milieux ouverts grâce au pâturage extensif.
D’ici 2026, certaines parcelles feront l’objet de restaurations écologiques : amélioration de l’écoulement des eaux, suppression du drainage, gestion des espèces exotiques, désenrésinement et mise en place de clôtures pour les zones de pâturage.
L’ASBL prévoit également une mise en valeur écotouristique des réserves, avec des infrastructures légères d’accueil du public, pour sensibiliser aux enjeux de conservation.


Soutenir le travail de protection des sites naturels
Depuis 1941, l’ASBL Ardenne et Gaume développe des projets de protection d’espaces naturels. Pas uniquement en Ardenne et en Gaume, d’ailleurs. Aujourd’hui, 88 sites wallons bénéficient de cette protection parmi lesquels des sites remarquables comme la Réserve naturelle de Furfooz, Bohan-Membre, ou encore la Heid des Gattes.
La Fondation QiGreen a souhaité apporter sa contribution à cette association qui contribue à développer un réseau d’espaces naturels protégés. Ce faisant, elle préserve le patrimoine naturel et crée un maillage cohérent de sites préservés à l’échelle de la Wallonie. Vous pouvez également soutenir l’association en devenant membre, en vous engageant comme bénévole actif ou en faisant un don. Toutes les informations pratiques sont à retrouver sur le site web de l’association.